L'intellectuel musulman

L'intellectuel musulman
D'abord, il est important de bien différencier l'intellectuel du militant musulman (da'iya), le premier se définit en dehors de la marge, par son statut indépendant, ce qui ne veut pas dire qu'il ne soit pas engagé dans les problèmes du temps, l'intellectuel l'est forcément, c'est ce qui lui donne sa position de penseur. Cependant, celui-ci ne doit pas être enfermé dans un type de discours, mais il doit se situer au-dessus du discours, au-dessous des discours. Ce n'est pas pour rien que les tenants de l'intelligentsia en France avaient pour la plupart une formation de philosophe, science humaine qui se voulait le trait d'union de toutes les autres sciences.
# Posté le lundi 27 février 2006 16:59
Modifié le mardi 28 février 2006 20:13

vision de l'islam

vision de l'islam
L'Islam est trop souvent présenté comme une religion d'interdictions et de contraintes. Celles-ci existent et sont multiples, mais une comparaison avec les autres monothéismes montre qu'elles ne sont pas plus nombreuses.

Seuls 3 % du Coran concernent des impératifs ou des sanctions.

En fait, ce sont les dimensions collectives et communautaires de la religion qui les rend plus visibles, surtout dans les sociétés arabes où le contrôle social (le regard de tous sur chacun) et le sens de l'honneur sont insistants.

Mais, bien entendu, à chaque fois qu'une règle ou qu'une loi sont énoncées, il reste encore à les appliquer ; ce qui ouvre plus ou moins la porte à l'interprétation et à la négociation selon le moment, l'opinion collective, les attitudes individuelles et privées.

Appartenir à la communauté des musulmans, tel que cela se dégage du Coran, c'est souscrire au respect de cinq principes essentiels (piliers ou arkân) et y satisfaire en pratique. Certaines de ces obligations sont périodiques, d'autres quotidiennes ou exceptionnelles.
# Posté le lundi 27 février 2006 17:14
Modifié le mercredi 01 mars 2006 12:24

La profession de foi (shahada)

La profession de foi (shahada)
Selon la tradition, l'enfant est musulman à sa naissance, c'est ensuite son milieu qui agit s'il confesse une religion autre.

Pour s'affirmer musulman, le croyant doit prononcer, en toute conscience et sincérité, devant deux témoins (pour une conversion), la célèbre formule de la Shahada : " Il n'y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son messager. " Ce qui signifie son adhésion :

au monothéisme : Dieu est unique et omniscient ;
en la croyance de ses messages et de son livre (le Coran) ;
en la reconnaissance de Muhammad (Paix et Salut sur lui) comme ultime prophète ;
au principe d'une vie après la mort ;
à l'existence des anges.
La profession de foi est un acte global et irréversible.
# Posté le lundi 27 février 2006 17:19
Modifié le mardi 28 février 2006 20:16

La prière (salât)

La prière (salât)
Il s'agit d'une pierre d'angle de l'Islam. Elle réaffirme cinq fois par jour la qualité de musulman, à titre individuel ou collectif. Et, elle exprime un lien constant avec le divin c'est-à-dire une capacité à rompre avec les préoccupations matérielles.

Selon un rituel précis, mais qui varie selon les régions, le croyant, au matin, au midi, au milieu de l'après-midi, au coucher du soleil, au début de la nuit se purifie par des ablutions, se rend disponible puis se prosterne en direction de La Mecque pour signifier sa dévotion : il renouvelle les formules d'adhésion à l'Islam et appelle à le rejoindre. Des récitations d'autres versets du Coran peuvent accompagner la prière. Celle-ci peut être solitaire ou communautaire.

Les appels des muezzins témoignent de l'importance de la pratique collective. La prière du vendredi midi est le temps fort du partage de la foi. Commune, elle soumet les pauvres et les puissants aux mêmes rites. Même si les hiérarchies sociales continuent à être ressenties dans les rangs ou les préséances.

En plus des prières quotidiennes, d'autres peuvent être accomplies, la prière nocturne propice aux demandes et à la réalisation des v½ux, par exemple
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le lundi 27 février 2006 17:21
Modifié le vendredi 06 juillet 2007 11:12

L'impôt purificateur (zakât)

L'impôt purificateur (zakât)
Le terme d'aumône traduit mal le sens de ce pilier. C'est une obligation légale (réglementée au 8e siècle) destinée à manifester la solidarité des plus riches et des plus pauvres, l'origine divine de toute richesse.

La zaka, mot dérivé d'une racine connue en syriaque et qui signifie " purifier ", désigne l'aumône qui purifie celui qui l'accorde, qui l'exonère. La zaka est une contribution, en nature ou en espèces, payée par le musulman et destinée à alimenter un fonds de secours mutuel, de bienfaisance, ou même à couvrir certaines dépenses d'intérêt public.

Le don individuel et spontané est remplacé dans de nombreux pays par un impôt. Les musulmans fervents seuls continuent à se considérer comme obligés et font leurs dons en particulier. Provenant de musulmans, le résultat de la collecte ne doit servir qu'à des musulmans ou à des gens que l'on s'efforce de convoquer à l'Islam.

Pour la fête qui marque la fin de ramadan le fidèle doit donner une aumône en privé qui cette fois peut aller à des non-musulmans -, afin d'aider les moins fortunés à fêter eux aussi la rupture du jeûne.

La zaka a joué dans l'histoire un grand rôle pour la cohésion de la communauté. Depuis les années 1950, son existence est donnée comme preuve du caractère socialiste de l'Islam : son rétablissement est exigé par les associations musulmanes. La zaka est prélevée non seulement sur le revenu, mais aussi sur certaines catégories de capital.
# Posté le lundi 27 février 2006 17:25